"Mac Orlan donne des souvenirs à ceux
qui n'en ont pas"...
disait Georges Brassens...
|
Pierre
Dumarchey, plus connu sous le pseudo
de Pierre Mac Orlan, est né à Péronne,
dans la Somme, le 26 février
1882. Après
une jeunesse misérable qu'il évoque
dans Les
Villes, il voyage et fait provision
de souvenirs
qui vont nourrir son oeuvre future.
Dans les toutes premières
années du XXe siècle, il aborde le monde
du journalisme en débutant comme correcteur
d’imprimerie à Rouen. Mêlé au
groupe d’Appolinaire et Max Jacob,
il place
ses débuts
littéraires
sous le signe de l’humour et de l’insolite
avec La Maison du retour écoeurant,
1912, et Le Rire jaune, 1914,
puis verse dans le récit fantastique
(Le
Nègre Léonard et maître
Jean Mullin, 1920 ou La Cavalière
Elsa, 1921). La Légion Etrangère est
une autre de ses sources d'inspiration
(La
Bandera,
1931).
A son imaginaire, Mac Orlan mêle la réalité
qu'il a connue dans les rues de Montmartre,
de Rouen ou de Brest : Le Quai des
Brumes,
1927, Marguerite
de la Nuit, 1925 ; les poèmes
de L’inflation sentimentale,
1922 et de Simone de Montmartre,
1925.
Enfin, bon nombre des poèmes de
Mac Orlan ont été mis
en musique et chantés par des artistes
comme Monique Morelli ou Juliette Greco.
En 1950, il fut élu à l’Académie
Goncourt. Il meurt le 27 juin
1970 et est entérré au cimetière de Saint-Cyr
sur Morin.
|
|
A gauche Georges Brassens et Pierre
Mac Orlan, en compagnie de Monique
Morelli. Photo prise à l'hôtel
La Moderne, qui deviendra plus
tard le musée des Pays de Seine
et Marne à Saint Cyr sur Morin.
|
La maison de Mac Orlan au hameau des Archets
C'est en 1913, que Berthe Luc, barmaid
du Lapin Agile, cabaret à la
mode de Montmartre, achète
pour sa fille Marguerite qui venait
d'épouser Pierre Mac Orlan,
une ancienne ferme située
dans le hameau d'Archets, à Saint-Cyr-sur-Morin.
Elle souhaitait écarter ses
enfants du besoin et son choix se
porta sur ce village qu'elle connaissait
bien puisque Julien Callé et
Frédéric Gérard,
les deux principaux animateurs du
Lapin Agile y avaient récemment
fondé "L'Auberge de l'Oeuf
Dur", que fréquentait
tout ce petit monde montmartrois
composé d'artistes et d'écrivains.
Frédéric Gérard
possédait lui-même une
maison aux Armenats, autre hameau
de la Commune de Saint-Cyr-sur-Morin.
|
Tous les ans, l'équipe du musée des
Pays de Seine et Marne à Saint Cyr
sur Morin organise plusieurs visites
guidées de la maison de Pierre Mac
Orlan au hameau des Archets...
|
|
Un public toujours captivé par les
anecdotes relatives à la vie de l'écrivain...
...Les visites se terminent parfois
par un sympathique pique-nique au
fond du jardin, sur les berges du
Petit Morin...
|
C'est
ainsi que Pierre Mac Orlan découvrit
la Vallée du Petit-Morin en
compagnie d'autres célébrités
comme Roland Dorgelès, Francis
Carco, André Warnod, Max Jacob.
Rien ne l'attirait a priori en ces
lieux, lui qui préférait
les villes portuaires et la Bretagne
dont l'atmosphère était
plus propice à ses rêves
d'aventures et au mystère
qu'il affectionnait. Dès 1927,
pourtant, après la guerre
de 1914-1918 durant laquelle il fut
blessé, il s'installa définitivement
dans sa maison de Saint-Cyr-sur-Morin
jusqu'à sa mort en 1970. C'est
là qu'il écrivit la
plus grande partie de son oeuvre,
et là qu'il donna, selon la
formule de Georges Brassens, son
ami, des "souvenirs à ceux
qui n'en ont pas".
|
|
|
|
| Par voeu
testamentaire , Pierre Mac Orlan
légua sa maison, ses biens
et la gestion de son oeuvre à la
Commune de Saint-Cyr-sur-Morin pour
que celle-ci les conserve et les
mette en valeur avec l'aide d'un
Comité des Amis de Pierre
Mac Orlan, composé de personnes
issues du monde littéraire
et de son entourage intime à Saint-Cyr-sur-Morin. |
|
|
|
| Plusieurs
fois par
an, notamment à l'occasion de la
Journée du Patrimoine, le Musée organise
des visites guidées très intéressantes
de la maison de Pierre Mac Orlan.
On peut ainsi se plonger dans l'intimité
de l'écrivain. |
|
|
|
Le
fonds Mac Orlan au Musée de Saint-Cyr
Le musée a pour mission,
outre la présentation de
la société traditionnelle
du nord de la Seine-et-Marne, la mise
en valeur de pièces de collections
relatives à l’oeuvre de
Pierre Mac Orlan et son séjour
d’une
quarantaine d’années à Saint-Cyr-sur-Morin,
où il vécut jusqu’à sa
mort.
|
|
|
|
|
En 1993, puis en 1996, la Commune
de Saint-Cyr-sur-Morin et le Comité souhaitèrent
mettre en dépôt au musée
des pays de Seine-et-Marne quelques
1200 pièces provenant de la
maison pour leur conservation et
leur mise en valeur. Ces pièces
sont venues s'ajouter à celles
données par Pierre Guibert,
l'ami aubergiste de Pierre Mac Orlan,
et s'enrichissent d'acquisitions
régulières faites par
le musée.
La politique d’acquisition
du musée se poursuit par
l’achat de manuscrits, d'éditions
originales illustrées, photographies,
dessins, gravures, audiogrammes,
films. Ainsi le musée figure
d’ores et déjà parmi
les lieux de mémoires
littéraires répertoriés
par la Direction des Musées
de France.
|
|
|
|
La salle qui est consacrée à l’écrivain,
permet de découvrir le personnage
que s’est créé Pierre
Dumarchey, l’importance de sa présence à Saint-Cyr-sur-Morin,
et de comprendre sa vie et son oeuvre,
intimement liées, ainsi que d’autres
aspects biographiques différents
de son oeuvre littéraire - illustration
liée à une première
vocation de peintre, journalisme et reportage, émissions
radiophoniques, chansons créées
comme un recueil de mémoire. Un
fonds documentaire est également
rassemblé au musée, composé de
photographies, documents sonores et audiovisuels,
archives, bibliothèque rassemblant
les nombreuses rééditions,
biographies, fortune critique et études
sur Pierre Mac Orlan et son oeuvre. |
|
|
|
De
la peinture à l'écriture
:
Dans sa jeunesse, Pierre Mac Orlan
tenta de vivre de sa peinture et
fréquenta les artistes
montmartrois. Il réalisa
de nombreux dessins légendés
et des historiettes pour les revues
de l'époque comme Le Rêve
et La Baïonnette. C'est alors
qu'il rencontra le dessinateur
Gus Bofa qui illustra plus tard
bon nombre de ses ouvrages : à la
lecture des légendes, des
dessins que Pierre lui apportait,
celui-ci lui conseilla de persévérer
dans l'écriture. Pierre
Mac Orlan illustra lui-même
ses premiers écrits,
des contes humoristiques et peu à peu,
le dessinateur se transforma
en écrivain. Mais à travers
son écriture, on sent
toujours la puissance des images
qu'il avait en lui.
Le fantastique social :
La puissance des images présentes dans l'écriture de Mac
Orlan mènera à qualifier son oeuvre de fantastique social.
A partir des images qui nourrissent son écriture, il crée
une atmosphère particulière, fantastique, qui met la raison
en déroute par des moyens naturels et réels, des matériaux
du qotidien plutôt que des créations surnaturelles et imaginaires.
C'est l'association déroutante de ces éléments
qui crée le climat fantastique.
Musée des Pays de
Seine et Marne
17, avenue de la Ferté-sous-Jouarre
77750 SAINT-CYR-SUR-MORIN
Tél : +33 (0)1 60 24 46
00
Fax : +33 (0)1 60 24 46 14
Ouvert tous les jours sauf le lundi
de 10 h à 12 h et de 14
h à 17 h.
De mai à septembre : fermeture à 18
h le samedi et le dimanche.
Fermé les 25 décembre, 1er
janvier et 1er mai.
Accessible aux personnes à mobilité réduite.
|
|
|